Ce livre est le récit d’un dessillement. Celui d’un scientifique percuté par la rencontre de mormons professant à la fois créationnisme et déni climatique. Comment n’a-t-il rien vu venir, lui qui, depuis trente ans sillonne les océans et les pays du globe pour mener ses recherches ? Comment la plus grande démocratie du monde, où se fait la plus belle science, a-t-elle pu en arriver là, à ce déni non seulement climatique, mais de vérité, et de démocratie ? Désireux de comprendre cette situation paradoxale, l’auteur se lance dans une enquête, scrutant les signes avant-coureurs qui nous ont échappé, à nous tous comme à lui. Sa loupe de limier embrasse large, de la climatologie à la géopolitique, de la genèse d’Internet à l’explosion des fake news – en passant par les micro-événements qui ont jalonné son parcours sans que, sur le moment, il y prête attention. Au fil de ce déroulement partant de 1979, année où, étudiant, l’auteur s’éveille au monde, le lecteur voit peu à peu prendre forme un engrenage implacable…
Chronique d’un déni climatique
Ce livre est le récit d’un dessillement. Celui d’un scientifique percuté par la rencontre de mormons professant à la fois créationnisme et déni climatique. Comment n’a-t-il rien vu venir, lui qui, depuis trente ans sillonne les océans et les pays du globe pour mener ses recherches ? Comment la plus grande démocratie du monde, où se fait la plus belle science, a-t-elle pu en arriver là, à ce déni non seulement climatique, mais de vérité, et de démocratie ? Désireux de comprendre cette situation paradoxale, l’auteur se lance dans une enquête, scrutant les signes avant-coureurs qui nous ont échappé, à nous tous comme à lui. Sa loupe de limier embrasse large, de la climatologie à la géopolitique, de la genèse d’Internet à l’explosion des fake news – en passant par les micro-événements qui ont jalonné son parcours sans que, sur le moment, il y prête attention. Au fil de ce déroulement partant de 1979, année où, étudiant, l’auteur s’éveille au monde, le lecteur voit peu à peu prendre forme un engrenage implacable…
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DÉTAILS TECHNIQUES
Extrait
C’est en repensant à Richard que j’ai décidé d’écrire cette chronique.
Richard est un ancien pilote de chasse, retraité de l’US Air Force. Bel homme, la soixantaine bien avancée, une carrure d’athlète, un physique à la Clint Eastwood, le regard perçant, bleu métallique, un brin mélancolique. Nous nous sommes rencontrés en avril 2016 à l’Université Océanique de Chine, à Qingdao. Mormon, il continuait de s’acquitter de ses devoirs de prédication pour occuper sa retraite, urbi et orbi. Il enseignait gratuitement l’anglais et en retour, l’université fermait les yeux sur les possibles risques de conversion à la foi mormone qu’il faisait courir aux étudiants. Pour ma part, j’enseignais au département de géosciences marines. Nous logions tous les deux sur le campus dans un immeuble que l’université mettait à la disposition des professeurs étrangers. La proximité crée des liens, Richard et moi avons immédiatement sympathisé. Au premier mot, j’ai ressenti une irrésistible fascination pour le personnage, sa remarquable intelligence, sa culture générale hors du commun. Pendant la semaine que nous avons passée ensemble, nous nous sommes raconté nos vies. Richard avait été en poste dans différentes ambassades américaines en Asie du Sud-Est, il parlait couramment le mandarin et le vietnamien et connaissait en profondeur les cultures de tous les pays où il avait séjourné. En échange, je lui parlais de mon métier et de ce que j’étais venu enseigner : comment les océans se forment ; pourquoi ils renferment autant de richesses ; comment ils nous renseignent sur les climats passés ; ce qu’ils apportent à la recherche sur le changement climatique ; sur les séismes ; sur les tsunamis. Richard adorait quand je lui parlais de géologie, je crois sincèrement qu’il m’écoutait d’une oreille attentive. La veille de son départ, alors que la conversation avait de nouveau glissé sur la science et sur le climat, il m’a avoué qu’il ne croyait pas au réchauffement climatique d’origine humaine − car l’Homme n’avait pas la capacité de dérégler l’œuvre de Dieu − et qu’il voterait pour Trump.




