Louis Géli
Sismologue et océanographe
Nous avons fait sa connaissance par l’intermédiaire d’une amie commune, Laurence Decréau (auteure notamment du très merveilleux L’Élégance de la clé de douze, Lemieux éditeur, 2015), qui, à l’entrée de l’hiver 2025 nous avait appelé, avec son enthousiasme communicatif : « Sylvain, je viens de lire un projet de livre passionnant. Il faut que tu le lises ! »
Ce que je fis dès réception de l’épreuve. Quoique relativement volumineuse, j’ai souvenir de l’avoir lue presque d’une traite. L’auteur n’a pas son pareil pour articuler le récit de l’histoire avec un grand H, celle en l’occurrence de la montée en puissance d’un déni climatique, dès la fin des années 1970, à son propre parcours, aussi bien professionnel que personnel. Ce que je me suis d’ailleurs empressé de lui dire quand nous nous sommes rencontrés la première fois, en présence de notre amie commune, dans une brasserie du quartier de la gare du Nord d’où, venant de Brest, il repartait pour l’est de la France.
Pour une présentation plus précise, voici la manière dont il se présente : « Polytechnicien, docteur en sciences de la Terre de l’Université de Grenoble, sismologue et océanographe. Ancien responsable de l’Unité de Recherche de Géosciences Marines de l’Ifremer, j’ai dirigé de nombreuses campagnes à la mer et travaillé sur des sujets variés, allant de la dynamique du manteau terrestre à la paléoclimatologie, avec des partenaires de l’industrie pétrolière comme du monde académique. Mes travaux les plus récents portent sur l’étude des phénomènes telluriques sous-marins (séismes, volcanisme, tsunamis) et sur le développement de systèmes d’observation géophysique de fond de mer. À ce titre, j’ai coordonné des programmes internationaux à caractère scientifique et technologique visant à installer des observatoires sous-marins, notamment en mer de Marmara, dans la région d’Istanbul, une zone particulièrement exposée au risque sismique, ou autour de Mayotte dans l’océan Indien.
Depuis plusieurs années, je m’intéresse à la question du déni climatique et aux liens entre climato-scepticisme et anti-darwinisme. Mon parcours personnel m’a amené à s’interroger sur les systèmes de pensée qui ont conduit nos sociétés à préférer les pseudo-réponses des “ climato-sceptiques ” aux explications argumentées des scientifiques du climat et aux mesures objectives des systèmes d’observation. »
