Ce mardi 12 mai, nous sommes convié par Marie-Estelle Créhalet, responsable du Lumen – la magnifique bibliothèque mutualisée du quartier de Moulon, sur le plateau de Saclay – à une « visite dialoguée » dans le cadre de l’exposition « Intelligence artificielle : à la croisée entre sciences, art, et société » qui se tient, au Lumen donc, jusqu’au 29 mai.
Fruit d’un partenariat avec Universcience (Établissement public du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie), elle regroupe deux expositions de Science Actualités (Cité des sciences et de l’industrie) et de la Faculté des sciences (Université Paris-Saclay), ainsi que des œuvres d’Audrey Sedano, auteure et Illustratrice, que nous avons eu l’occasion d’interviewer le 5 mai dernier lors du vernissage (entretien à venir !).
Sous la houlette de Marie-Estelle Créhalet, nous déambulerons donc aux côtés d’un un expert, Renaud Monnet, à l’origine de l’IA souveraine Aristote. Puisque nous serons environnés de livres, nous avons, pour notre part, pris le parti de commenter certains aspects abordés dans l’exposition au prisme de trois publications qui, quoique ne traitant pas spécifiquement de l’IA, pour deux d’entre elles du moins, nous sont venues à l’esprit lors de notre première visite de l’exposition, à savoir :
– Liberté, Dignité, Habitabilité. Donner au siècle la valeur qui lui manque, du philosophe Baptiste Morizot et juriste Laurent Neyret (Tracts Gallimard, 2026), qui peut nourrir une intéressante réflexion sur la manière dont les défis de l’IA générative telle que promue par les multinationales de la Tech pourrait être surmontés par la reconnaissance d’une « valeur protégée » ayant la même force que celles mentionnées dans le titre de cette publication… De quoi anticiper sur la conférence qui suivra notre visite dialoguée, à 19h, au centre Teilhard de Chardin (situé à quelques centaines de mètre du Lumen) : cette conférence portera sur les enjeux juridiques de l’IA.
– Récoltes et semailles (Tel Gallimard, 2021), d’Alexander Grothendieck, dont les premiers chapitres que nous avons lus (dans cette édition en deux volumes, l’ensemble fait près de 2 000 pages…) rappellent les vertus de l’émerveillement enfantin dans la démarche du chercheur ;
– enfin, Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme (Gallimard, 2023), du philosophe et spécialiste de sciences cognitives Daniel Andler : comme son titre l’indique, c’est des trois publications, celle ayant directement à voir avec le sujet de l’exposition. C’est aussi à notre sens, l’ouvrage de référence, à lire absolument si on veut comprendre l’IA dans ses différentes étapes d’évolution jusqu’à aujourd’hui, dans sa version générative. Malheureusement, son allure de pavé (avec sa couverture gris bleu et ses quelques 500 pages) n’incite guère le lecteur pressé. Ce qui est bien dommage, car le temps qu’on perd en apparence à le lire en fait gagner du précieux. Entre autres choses, que nous évoquerons lors de notre visite dialoguée, l’auteur montre l’intérêt d’une approche mésologique – c’est-à-dire des milieux qui caractérisent l’existence des êtres vivants – de l’intelligence humaine pour mieux souligner par contraste le caractère très réducteur des visions de l’intelligence artificielle fondées sur la référence au seul cerveau.
Où ?
Au Lumen, donc.
Quand ?
Le mardi 12 mai, à 18 h.
Entrée libre.
Pour en savoir plus, cliquer ici.
